Au sujet du Conseil d’Administration du 22 Juin.

Malgré nos nombreuses revendications argumentées sur la nécessité d’organiser un CA extraordinaire afin de discuter du départ définitif de la directrice, du renoncement à la baisse de budget de l’école, du maintien du concours d’entrée en septembre, de la reconduction des CDD, la mairie d’Avignon continue de faire la sourde oreille. L’ordre du jour du CA ordinaire qui doit se tenir le 22 juin semble considérer que tout est normal au sein de l’école, que la directrice a repris ses fonctions (alors que personne ne l’a vu depuis la prétendue fin de son prétendu arrêt de maladie le 12 juin), et qu’il faut tout au plus nommer un médiateur au sein de l’établissement. Business as usual !

Les problèmes gravissimes que rencontrent l’école sont vaguement évoqués en fin d’ordre du jour. Comment interpréter un tel document sinon en considérant que la mairie foule au pied les demandes légitimes que nous n’avons cessé de formuler depuis plus de deux mois maintenant. Il est faux de prétendre comme a pu le faire Madame le Maire au moment de sa campagne que l’éducation, la culture et la jeunesse comptent parmi ses préoccupations principales. Cécile Helle se moque totalement de l’éducation, de la culture et de la jeunesse ; ces thèmes ne la préoccupent qu’en tant qu’arguments électoralistes et parce qu’elle peut bénéficier de la notoriété du Festival d’Avignon (on n’ose imaginer la réponse qu’elle aurait adressée si un tel festival n’existait pas déjà et s’il lui avait été proposé sous forme de projet; elle se serait précipité sur son budget pour toute réponse. Cela en dit long sur la capacité d’innovation et de projection dans l’avenir de la maire de cette ville!). L’éducation, la culture et la jeunesse sont réduits à des lignes comptables sur un budget géré avec un mépris total des personnes concernées. Avec Cécile Helle, nous atteignons le degré zéro de la politique.

Le pire est que la directrice, désavouée par l’ensemble des acteurs de l’école, est maintenue à ses fonctions comme si de rien n’était mais qu’elle va désormais diriger l’école — pardon : poursuivre son programme méthodique de démembrement de notre école — à distance. De plus, à un moment où la mairie ne cesse de ponctionner sur le budget alloué à l’école (8% l’an dernier, 8% cette année et 8% l’an prochain nous annonce-t-on), elle maintient en poste une directrice à 5000 euros par mois et ajoute un médiateur qui, on peut le supposer, sera payé sur le salaire d’au moins un enseignant dont le contrat ne sera pas renouvelé. La municipalité va-t-elle faire preuve d’autant de discernement dans le choix de ce médiateur qu’elle en a montré dans le choix de la directrice ? Nous le craignons. Nous n’acceptons de médiateur qu’à la seule condition qu’il soit accepté par l’ensemble des acteurs de l’école et qu’il soit payé sur le budget de la municipalité et pas sur celui de l’école. Nous en avons assez de régler la note des décisions désastreuses prises par cette municipalité.

Comment faut-il s’exprimer pour espérer être entendus par la Mairie ? Nous ne voulons pas du retour de la directrice, que ce soit en personne ou sous la forme d’un avatar. Nous exigeons que l’avenir de cette école soit pris enfin en considération par cette municipalité, qu’elle prenne ses responsabilités autrement qu’en nous parlant de baisse de budget, bref qu’elle nous tienne un discours qui nous montre que nous ne sommes pas des pions mais des personnes réelles.

En choisissant de tabler sur un pourrissement de la situation et sur une démobilisation des élèves en période d’examen et de fin d’année, la mairie montre une fois de plus qu’elle n’a absolument rien compris à la force de notre détermination et à notre refus de voir notre école être enterrée sous des considérations budgétaires. Nous maintenons donc notre intention d’occuper l’école pendant l’été, d’organiser toutes les actions que nous jugerons nécessaires pendant le festival d’Avignon jusqu’à ce que la mairie daigne entendre nos revendications légitimes. Nous sommes excédés de constater le mépris avec lequel la municipalité de cette ville traite notre école et notre avenir. Faute de nous faire entendre, nous promettons un été mémorable à Madame Cécile Helle.

 

Les étudiants mobilisés.

Workshop Etudiants à l’ESAA

Bonsoir à tous, depuis lundi date départ du workshop, des étudiants venus des quatre coins de la franque viennent déferler leur énergie créative à l’école supérieure d’art d’Avignon. voici quelques photos des avancées du Workshop. Les groupes de création se sont mis en place : l’atelier sérigraphie, le bureau d’écriture, l’atelier vidéo, initiation à la performance, un atelier édition, un atelier repenser le logo de l’ESAA, atelier discussion/action. et demain, dans un élan de convergence des luttes, vous pourrez nous rejoindre à la manifestation contre Loi El Khomri et admirer notre char d’assaut !!!!!!! rdv demain matin à la cité administrative d’Avignon pour rejoindre le cortège !!!!

Plus d’infos et de photos demain !!!!

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Lettre ouverte à Cécile Helle.

Nous sommes étudiants à l’École Supérieure d’Art d’Avignon. Comme vous ne l’ignorez sûrement pas, notre école traverse une grave période de crise depuis la décision d’une seconde baisse de budget de 8%, qui a servi de prétexte à la fermeture du concours d’entrée en première année. Un mouvement étudiant s’est alors organisé pour lutter pour la survie de notre école. Ce mouvement a été rapidement confronté aux manipulations et à l’incompétence de la direction nommée par le Conseil d’Administration.

Malgré huit semaines de lutte, vous, la mairie n’avez pas daigné nous donner de réponse satisfaisante. Contrairement à vos engagements politiques et culturels, vous ne montrez pas le moindre intérêt pour notre situation. Nous avons simplement été contactés par Stéphanie Morel, déléguée aux Etablissements d’Enseignement Supérieur. De façon très claire, son courrier attaque directement les étudiants en menaçant « la poursuite sereine de leurs études si les fonctions administratives de l’école ne devaient plus être assurées (paiement des factures, réalisation des paies du personnel…) ».

Il y a quelques semaines, nous avons reçu le soutien du groupe « Avignon demain », autrement dit du Front National. Philippe Lottiaux vous a interpellée par courrier en vous faisant part de son inquiétude à notre égard.
Nous avons également reçu une lettre de soutien de la part d’Olivier Gros et Jean-Pierre Cervantès, conseillers municipaux du parti politique des Verts.
Il est aberrant de constater que plusieurs partis politiques se soucient de notre situation quand le parti socialiste mis en place à la mairie d’Avignon nous ignore. En effet, nous vous rappelons que vous avez été élue sur des valeurs telles que l’éducation, l’enseignement et la culture.
En outre, nous sommes sidérés d’être les victimes d’une récupération politique, notamment de la part du Front National dont nous ne partageons pas les valeurs autant sur le plan politique que sur les plans artistique et humain. Rendez-vous compte que l’une des seules mains que l’on nous tend revendique « une politique culturelle du beau, de l’agréable » au profit d’une « “culture” élitaire, abstruse, laide, subversive » (Christophe Boudot, tête de liste du Front National en Auverge – Rhône-Alpes aux élections régionales, conseiller municipal de Lyon, conseiller métropolitain). La mairie, en l’occurrence avec le courrier envoyé par Stéphanie Morel, pratique cette même méthode de chantage employée par le FN. Nous exigeons donc une réaction immédiate de votre part face à notre situation de crise qui ne peut plus durer. Votre silence serait considéré comme une manière de cautionner les valeurs culturelles du parti adverse.

Pour couronner le tout, au cours du dernier Conseil Municipal, nous avons voulu nous faire entendre, obtenir des réponses claires, mais vous avez fait la sourde oreille. C’est en répétant « Le public n’a pas droit à la parole, veuillez sortir » que vous avez couvert nos voix. Vous avez voulu nous faire taire alors même que nous dénoncions votre désobligeance. En guise de répression, l’accès au Conseil Municipal a été empêché aux étudiants et autres citoyens qui en ont le droit. Après relecture, nos tracts n’ont pas pu passer le parvis de l’Hôtel de ville.

Cessez de maquiller vos agissements, cessez de prôner des idéaux que vos décisions neutralisent. Prouvez votre « ambition culturelle »  en nous rendant notre école ou assumez votre politique répressive. À vous de choisir.

Faites vite, nous avons été assez patients.

Les étudiants en lutte de l’Ecole Supérieure d’Art d’Avignon

« Les étudiants de l’école d’Art évacués manu militari du conseil municipal », Ledauphine.com.

source: http://www.ledauphine.com/vaucluse/2016/05/25/les-etudiants-de-l-ecole-d-art-evacues-manu-militari-du-conseil-municipal

« Ce mercredi soir, vers 18 h 30, des étudiants de l’école d’art d’Avignon ont manifesté en plein conseil municipal de cette ville. La police est intervenue pour les évacuer. Les portes de la salle ont été fermées. Les manifestants et leurs soutiens ont crié leur indignation. Dans un courrier, les étudiants de l’école d’art, avaient demandé aux élus de « de prendre position » quant à l’avenir de leur école touchée par une baisse de la subvention municipale. Fac e au silence du maire et de sa majorité, ils ont manifesté leur colère hier soir en conseil municipal. Ils appellent les élus à assumer leurs responsabilités. »

Lettre ouverte à l’attention des Conseillers Municipaux de la Mairie d’Avignon.

Mesdames, Messieurs,

Nous vous écrivons cette lettre car nous sommes étudiants à l’École Supérieure d’Art d’Avignon. Comme vous ne l’ignorez sûrement pas, notre école traverse une grave période de crise depuis la décision d’une seconde baisse de budget de 8%, qui a servi de prétexte à la fermeture du concours d’entrée en première année. Un mouvement étudiant s’est alors organisé pour lutter pour la survie de notre école. Ce mouvement a été rapidement confronté aux manipulations et à l’incompétence de la direction nommée par le Conseil d’Administration. (1)

En tant qu’étudiants, nous sommes les principales victimes des dégradations de nos conditions d’études dues au désengagement financier de la Mairie et à la nomination d’une directrice incompétente. La situation est bloquée et la stratégie qui a été choisie par la Mairie est celle du pourrissement. Nous en appelons aujourd’hui à votre responsabilité d’élus pour vous engager à défendre nos études et nos diplômes.

Nous avions proposé avec les enseignants et personnels de l’école une « direction collégiale » pour assurer la continuité du bon fonctionnement de l’établissement et la préparation des diplômes, en attendant qu’un Conseil d’Administration exceptionnel puisse se réunir. Ceci dans une volonté de laisser le temps aux administrateurs de trouver une solution par rapport à la baisse de budget, le concours de première année, la reconduction des enseignants précaires et au problème de gouvernance.

Cette proposition a été piétinée par Stéphanie Morel, dans les faits et dans son mail adressé à l’ensemble des étudiants. Or nous nous interrogeons sur la situation: la direction est en « arrêt maladie » et Stéphanie Morel signe les décisions à sa place. Est-ce que le CA a réellement voté cette délibération de signature à Mme Morel? Et puisqu’elle signe les documents, pourquoi l’administration doit-elle faire valider chaque décision par la directrice?

La situation prend une tournure absolument détestable: la directrice se rend compte que l’école tourne beaucoup mieux sans elle, et, alors qu’elle est en arrêt maladie, elle exerce des pressions sur les personnels, cherche par tous les moyens à entraver le bon fonctionnement de l’école et à saboter la préparation des diplômes. (2)

Nous vous demandons aujourd’hui de prendre position auprès de Mme Stéphanie Morel et de Mme Cécile Helle pour les enjoindre à trouver une solution à nos revendications. Cette volonté de lock-out de la part de la mairie nous met dans une situation absolument intenable, ceci à quelques semaines des diplômes.

Nous avons entendu dire par l’intermédiaire des journalistes que nous avons rencontrés que certains d’entre vous pensaient que nous étions « manipulés »: nous espérons que ces bruits de couloirs sont faux, car ils ne feraient que démontrer une attitude hautement méprisante vis à vis de la jeunesse. Nous pensons que les revendications de l’accès à une Éducation Supérieure de qualité et des conditions d’étude sereines sont des revendications parfaitement légitimes. Nous espérons qu’en tant qu’élus de la République, vous serez à même de prendre en considération le fait que même si nous sommes jeunes, nous sommes avant tout tous citoyens et électeurs, et que nous sommes dotés d’un esprit critique nous permettant d’analyser une situation et d’en tirer des conclusions.

Nos portes sont ouvertes, nous serions ravis de vous rencontrer, de vous présenter nos travaux et de vous démontrer en quoi les qualités de notre école sont une nécessité pour notre ville.

Les étudiants de l’École Supérieure d’Art d’Avignon.

ps: Lors de la réunion préparatoire du précédent Conseil d’Administration, un Conseiller Municipal de la majorité a comparé le budget de l’école à celui des passages piétons, en  expliquant aux élus étudiants que pour réduire leur coût, la mairie va maintenant peindre quatre bandes plutôt que six. Et que c’est la même logique qui doit s’appliquer pour nous. Nous espérons que cette comparaison vaseuse était une maladresse.
(1) La chronologie est détaillée sur notre blog: https://etudiantsesaa.wordpress.com/

(2) Un exemple parmi d’autres: dernièrement, le site internet de l’école, laissé à l’abandon depuis deux ans, a été repris en main par les étudiants dans le but de d’aller de l’avant et de défendre la qualité des projets de notre école. Un énorme travail bénévole des étudiants a été réalisé ces deux dernières semaines pour réaliser un site fonctionnel et graphiquement efficace. De leurs domiciles, la direction et son assistant, en « arrêt maladie », ont repris la main sur le site et supprimé le travail des étudiants dans l’heure qui a suivi. Nous trouvons cette attitude profondément immature et irresponsable.